Veni vidi vici[1]...

Après deux ans de refus, me voici au pieds du mur : je suis obligée de rencontrer la grognasse de ex P., parce qu'il n'est pas question que je n'aille pas lui dire au revoir une dernière fois à l'occasion de sa soirée de départ.

Il a fallu que je bataille ferme avec moi-même pour finalement me foutre un coups de pied au cul et une jupe pour me rendre à cette fameuse soirée.

Ca commence bien : une fois sortie de l'ascenseur-cercueil de l'immeuble, je la croise d'emblée à l'entrée de l'appartement, elle sortant accompagnée du voisin du dessous, et moi entrant dans le miniscule appartement enfumé et surpeuplé. Je ne la calcule pas encore. Ce ne sera que plus tard que je réaliserai qu'il s'agissait d'"elle". Il y a des détails qui ne trompent pas, surtout celui du rôle de "maîtresse de maison" et du "si tu parles plus de deux minutes sans interruption avec mon mec, je lui refile une bouteille de Champ' dans les mains pour qu'il puisse l'ouvrir", ce qui est, vous en conviendrez tout à fait malpoli et malvenu de sa part.

Donc, quelle ne fut pas ma stupeur en constatant que cette fille pour laquelle, je vous le rappelle, on m'a larguée par mail... est tout à fait quelconque, banale et sans attrait. Je rappelle également pour mémoire qu'elle pratique la compétition de step...

Bref, mis à part ça j'ai passé une excellente soirée, revu le frangin et la p'tite belle soeur de ex P., qui sont tous deux adorables, remarqué que les amis que ex P. et moi ne sont pas nécessairement devenus super potes avec "elle"[2], discuté ciné avec une jeune homme au prénom fleuri, malheureusement pas assez longtemps, et au final dormi 4h avant d'aller bosser en ce merveilleux dimanche.

Il n'empêche que ça fait tout de même un petit pincement au coeur de voir ex P. partir à l'autre bout du monde et surtout de l'entendre dire, lui, dans le creux de mon oreille, que pffff... il a les boules de quitter tout ça, tous ces gens, à deux doigts de nous dire qu'ils nous aimaient en fait et qu'il ferait l'effort suprême d'écrire des mails parce qu'il n'envisage pas de ne plus avoir de nos nouvelles.

Une page se tourne.

Notes

[1] En latin dans le texte : "Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu"

[2] Encore une source de satisfaction pour mon ego.